L'archive du mois de mai 2026...
- ... montre Alcide de Gasperi après avoir reçu le prix Charlemagne le 24 septembre 1952, en signant le livre d'or de la ville d'Aix-la-Chapelle.
- de Gasperi a été le premier homme politique de haut rang à recevoir le prix Charlemagne, décerné à partir de 1950. L'attribution à de Gasperi a donc également marqué un gain de réputation pour le prix d'Aix-la-Chapelle.
- Avec Mario Draghi, c'est le troisième homme politique italien qui recevra le 14 mai le prix international Charlemagne.
Les archives municipales d'Aix-la-Chapelle présentent régulièrement des pièces intéressantes de leurs magasins en tant qu'archives du mois. La pièce, accompagnée d'un court texte d'accompagnement, est présentée dans une vitrine dans le foyer des archives municipales sur le Reichsweg ainsi que sous forme numérique sur le site Internet des archives. En mai 2026, il s'agit d'une photo de l'ancien président italien Alcide de Gasperi après la remise du prix Charlemagne le 24 septembre 1952, lors de l'inscription dans le livre d'or de la ville d'Aix-la-Chapelle.
De De Gasperi à Mario Draghi
en passant par Carlo AzeglioQuand Mario Draghi recevra le prix Charlemagne le 14 mai, il sera le troisième homme politique italien à se voir décerner cet honneur. En 2005, Carlo Azeglio Ciampi, l'ancien président italien, avait reçu ce prix pour ses mérites en faveur de l'intégration européenne. Et 53 ans plus tôt, le 24 septembre 1952, le troisième prix Charlemagne avait déjà été décerné à Alcide de Gasperi (1881-1954), alors Premier ministre italien.
« Grand bâtisseur de
l’Europe naissante » : Albert Maas, maire d’Aix-la-Chapelle, a rendu hommage à de Gasperi dans la salle du couronnement de l’hôtel de ville, encore marquée par les ravages de la guerre, le qualifiant de négociateur avisé au sein du cercle des États européens et le désignant comme un « grand bâtisseur de l’Europe naissante » – tout ça alors que les souvenirs de la première assemblée de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, l’ancêtre de l’Union européenne d’aujourd’hui, étaient encore frais dans les esprits, 14 jours après à Strasbourg et seulement sept ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. C'était là une étape importante du « plan Schuman », qui visait à instaurer un contrôle supranational de la production de charbon et d'acier en Europe pour empêcher une nouvelle course aux armements entre les puissances européennes. Les membres fondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l'acier étaient l'Allemagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg – et justement l'Italie.
L'acte du prix Charlemagne reconnaît logiquement de Gasperi comme un homme d'État engagé et réaliste. On y lit que le prix lui est décerné "en reconnaissance de sa promotion constante de l'unification européenne. Son dévouement inlassable, porté par le sens des réalités, à la coopération politique et économique des peuples européens dans le but ultime d'une union supranationale, a obtenu des résultats pratiques significatifs".
Appel à une mentalité
européenne communeDans son discours de remerciement, De Gasperi a souligné que la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier ne devait être qu'un premier pas vers une unité européenne qui « s'étendrait peu à peu à d'autres domaines, jusqu'à la création d'un marché européen unique, avec une monnaie unique et la libre circulation des biens et des personnes ». Le lauréat savait bien que ces évolutions prendraient du temps, et il a appelé à développer une mentalité européenne capable de dépasser les intérêts individuels pour agir dans l’intérêt commun européen.
Un coup de pouce pour la réputation du Prix
CharlemagneAlcide de Gasperi a été le premier homme politique de haut rang à recevoir le Prix Charlemagne, décerné depuis 1950. Ses deux prédécesseurs, Richard Coudenhove-Kalergi (1950) et Hendrik Brugmann, avaient été récompensés en tant que précurseurs intellectuels de l'unification européenne. La remise du prix à de Gasperi a donc aussi marqué un gain de réputation pour la distinction d’Aix-la-Chapelle. Il a été suivi par Jean Monnet (1953), Konrad Adenauer (1954), Winston Churchill (1955), Paul-Henri Spaak (1956) et Robert Schumann (1957), quelques-uns des hommes politiques les plus importants de leur époque. Alcide de Gasperi est décédé en août 1954, un peu plus de deux ans après avoir été honoré à Aix-la-Chapelle. Dans les mois qui ont précédé sa mort, il était président de l’Assemblée parlementaire de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, qui allait plus tard donner naissance au Parlement européen.
Sources : Archives municipales d'Aix-la-Chapelle, collection de photos XXV.11 ; collection d'imprimés K9
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